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Lughnasad – Lugnasad - Luginaissatis – Lammas

08.03 09:09

Lugnasadh est l’assemblée royale, c’est aussi l’assemblée instituée par Lug pour célébrer la mémoire de « Talantio », la Mère nourricière et entre autre de célébrer des « jeux »  en son honneur.

L’union du Ciel et de la Terre nous a donné la prospérité, la récolte abondante, aussi bien sur le plan terrestre que sur celui de l’âme.

Selon des sources essentiellement irlandaises, chez les Celtes anciens, Lugnasad semble être un divertissement collectif de plein air où toutes les classes sociales sont tenues de participer, et constitue aussi une trêve militaire puisque les guerriers y viennent sans armes. Sur les pentes des collines était lancée une roue enflammée, ceci illustrait la descente vers l'hiver, mais elle terminait aussi sa course dans une rivière, unissant ainsi le symbolisme du Feu à celui de l'Eau.

On s’y livre à des courses de chevaux, d’hommes et de femmes. C’est d’ ailleurs lors d’une telle occasion que la déesse Macha, qui était alors enceinte et que l’on contraignit d’affronter les chevaux du roi à la course, donna naissance à deux jumeaux, après sa victoire, et lança sa fameuse malédiction contre les Ulates qui, excepté Cuchulainn, allaient alors souffrir périodiquement les souffrances de l’enfantement durant 5 nuits et 4 jours.

La foule s’y presse compacte, pour assister à des luttes et à des régates, à des expositions de chefs d’œuvre et à des tournois d’échec (on se souviendra au passage qu’après son admission au festin, Lug bat le roi Nuada aux échecs…), ainsi qu’a des concours d’éloquence et de musique.(symboliquement, par sa victoire, Lug l’artisan s’approprie la marche complète du monde et le vieux roi, Nuada, l’accueille alors à la place d’honneur et lui transmet son pouvoir).

La fête est prétexte à une grande foire qui perdura longtemps et dont on trouve encore quelques exemples aujourd’hui, où se vendent et s’achètent toutes sortes de biens et produits, y compris des concubines comme le rapporte Henri Hubert (né à Paris 6e le 23 juin 18721 et mort à Chatou le 25 mai 1927, est un archéologue et un sociologue spécialiste des religions comparées. Il est surtout connu pour son travail sur les Celtes et sa collaboration avec Marcel Mauss et d'autres membres de l'Année sociologique).

On y célèbre aussi des mariages et l’on y conclue des alliances. Associé à l'âge adulte, de 30 à 50 ans, c'est le temps des unions d'essai, de la famille, des mariages, des divorces. Mais surtout on y réparti tous les biens de consommation et de production issus de ce qui appartient à la collectivité, et non au seul individu, en fait toutes les richesses du royaume : terres, produits de le terre, bétail, etc.

C’est le roi qui se chargeait de cette redistribution et de cette répartition en sa qualité de Distributeur. L’enrichissement personnel en général était considéré comme une tare par nos ancêtres, mais c’était encore beaucoup plus grave en ce qui concernait le Roi Distributeur des biens, et le fait de garder pour lui ces richesses était considéré comme un crime et puni de la peine de mort.

De la même manière et par extension, le roi était le garant de la richesse et de la productivité du territoire dont il avait la charge, une série de mauvaises récoltes entraînait sa responsabilité, sa destitution et son exécution si sa responsabilité volontaire (circonstance aggravante) était reconnue.

La célébration de la Mort de Tailtiu en ces jours, fait référence au sacrifice de la récolte, aux cycles de repos, germination, croissance, récolte, mais aussi au fait que la nature suit les forces d’involution qui la conduiront au dépouillement hivernal. 
Mais il n’est pas encore l’heure, et même si la terre va se découvrir progressivement, elle offre aussi ses fruits.
En nos contrées, Lugnasad est le moment de la plus grande abondance et donc l’occasion d’échanger, d’offrir, de s’entraider ; Lugnasad est une fête de paix et d’amitié.

Le blé que l’on récolte est sacrifié, pour nourrir hommes et bêtes. On retrouve cela dans certains contes tardifs comme celui de John Barleycorn.*** Le sacrifice est nécessaire pour le bien de tous.

Dans le monde gaulois et le monde païen en général, l’abondance est une bénédiction des Dieux, elle est potentiel de croissance et c’est elle qui permet d’envisager les mois sombres avec sérénité.

« Tant que l’on célébrera la Luginaissatis, il y aura du blé et du lait, des fruits, abondance de poissons dans les lacs et les rivières, grande prospérité domestique et grande abondance dans chaque maison, du beau temps et la paix pour les fêtes des guerriers sous les armes, des poètes qui chantent et des druides qui instruisent. »

Les Dieux sont prévoyants, ils nous apportent les richesses de la Terre, en prévision des jours sombres. Les grains de blé, qui d’une certaine manière sont la concrétisation de la Lumière de Lug, permettront de passer les ténèbres hivernales. Pour que la Vie perdure, il faut que chacun reçoive selon son dû.

« Pour Lugnasad faites connaître ce qui est dû, pour chaque année lointaine ; goûter de chaque fruit célèbre… Nourriture de légumes pour Lugnasad… »

Nos rituels, sous un aspect très extériorisé, se feront le reflet de ces « mystères » qui sont à la fois ceux de la Nature et ceux de l’âme.

Chez les peuples nordiques et Germaniques, Cette fête est souvent associée aux cheveux de Sif, épouse de Thor, que Loki coupa. Thor, d'une colère mythique, lui fit promettre d'en faire fabriquer en or (Symbolique de la coupe du blé). Loki se rendit donc chez les Alfes noirs qui forgèrent outre la lance de Wotan (Odin), le sanglier d'or de Frey, son bateau Skidbladnir, Draupnir, l'anneau magique dont hérita Balder par la suite, et Mjöllnir le célèbre marteau de Thor.

Dans les pays germaniques le Rote Hahn “coq rouge” est un rite de Carnaval, folklorique très important de ce cycle. « Le Coq habite dans la dernière gerbe, et les moissonneurs qui terminent leur ouvrage disent : Nous allons chasser le Coq ! Puis, Nous avons pris le Coq ! Cela remonte à des jeux qui poussaient à l’émulation des travailleurs : le fermier cachait un coq sous la dernière gerbe et celui qui le trouvait, le gardait pour lui en poussant un ”cocorico”. Il était alors nommé “le Coq”… du village! » Frazer, Le rameau d’or, Laffont, 1981.

En Grande Bretagne : un arnack, “tour de cou”, est un jabot d’épis tressés traditionnel pour la fête des moissons. La présence de cette couronne n’est probablement pas gratuite : est-ce le souvenir du torque d’or de la Reine Pourvoyeuse Frigg ?

***John Barleycorn*

Il y avait trois hommes
qui sont venus de l'ouest
pour raconter leurs histoire
et la vie de John Barleycorn*

Il l'ont mis dans trois sillon profond
et ils ont couvert sa tête avec de la terre
pour faire après un serment solennel
John Barleycorn est mort
John Barleycorn est mort

Là ils l'ont laissé pour longtemps
jusqu'à ce que la plui tombait du ciel
alors le petit monsieur Sir John a levé sa tête
et a surpris tout le monde
a surpris tout le monde

Jusqu'au plein été ils l'y ont laissé debout
jusqu'à ce qu'il était devenue pâle et blême 
après il lui est crû une barbe au petit Sir John
et il est devenu un homme
il est devenu un homme


Refrain
Fal la la la quelle belle journeé
chantefal la la lay-o
Fal la la, fal la la
c'est une belle journée
chantant fal la la la, lay-o

Ils ont enrôlé des hommes avec des faux
pour le faucher au dessus de la genouille
ils en ont fait une liasse qu'il ont mis autour de leurs tailles
ils l'ont traité mal
ils l'ont traité mal


Refrain

Ils ont enrôlé des hommes avec fléaux
pour lui arracher la peau des os
et le meunier l'a traité encore pir
puisqu'il l'a moulu entre deux pierres
puisqu'il l'a moulu entre deux pierres

Et ils l'ont porté par là 
et ils l'ont porté par ici
et ils l'ont porté au grenier

Et puis ils ont traité le pire que celle
Ils l'ont bouché dans une cuve
Ils l'ont bouché dans une cuve 

Refrain

Ils ont fait avec lui ce qu'ils voulaient
mais il n'a pas cessé de vivre pour raconter son histoire
puisqu'il l'ont versé dans un vieux baquet marron
ce qu'ils appellent de la bière artisanal
ce qu'ils appellent de la bière artisanal

3 x Refrain

*barley = orge
corn = maïs 

Suggestions d'activités de Lughnasadh

Lughnasadh, la première récolte, est une période de fête et de joie, où le partage et la créativité sont à l'honneur. Grâce aux premiers grains récoltés, on fabrique le pain de Lammas, à partager en famille ou entre amis. 

Dans le jardin 
Lughnasadh marque traditionnellement la première récolte de l'année. Ainsi, cueillez les premiers fruits et les premiers grains que vous dédierez ensuite à vos divinités. Vous n'avez pas de jardin ? Pourquoi ne pas vous rendre au marché, ou chez un fermier local, et acheter quelques fruits, légumes et graines de saison ? De plus, certaines fermes apprécient beaucoup l'aide de bénévoles lors des récoltes dans les vergers. N'hésitez pas à proposer votre aide ! En plus de vous plonger dans l'esprit du Sabbat, cela vous fera passer une belle journée en pleine nature ! Si vous possédez une petite fontaine ou une source dans votre jardin ou sur votre terrain, il vous est possible de la bénir et de l'orner de fleurs. La couleur de ces fleurs sera choisie en fonction de vos affinités personnelles, bien entendu, mais aussi des symboliques de Lughnasadh. Vous pouvez aussi déposer quelques fleurs à la surface d'un cours d'eau et laissez le courant les emporter lentement.

A l'extérieur
Profitez de ce sabbat pour vous balader en pleine nature, seul ou en groupe, et soyez attentif au monde qui vous entoure : observez les premiers fruits qui arrivent à maturité, la luminosité qui commence à changer... De même, beaucoup d'éléments naturels peuvent être employés pour la confection de nombreuses choses utiles à votre célébration : si vous pouvez par exemple vous procurer quelques épis de blé et de maïs, surtout n'hésitez pas ! Ils pourront vous servir par exemple à organiser quelques petites activités de bricolage (poupées, etc), à décorer votre autel ou votre intérieur etc. Ramassez quelques fleurs, tiges et feuilles afin de constituer des bijoux naturels. Les "bracelets de Lughnasadh", par exemple, sont issus d'une tradition irlandaise de Croc na Béaltaine, dans le comté de Donegal, où les jeunes hommes enfilaient des airelles sur une tige, afin d'en faire des bracelets à offrir à leur bien-aimée. Ceux-ci étaient souvent accompagnés d'un sortilège d'amour. Afin de perpétuer cette tradition, il est préférable d'utiliser des fruits frais. Il est bien entendu évident que ces bijoux seront éphémères et ne dureront que le temps de la célébration.

En groupe
Lors de Lammas, les jeux sont à l'honneur, de même que les concours entre amis. Pourquoi ne pas célébrer vos propres "Jeux de Tailltean", par exemple ? Il s'agit d'une tradition irlandaise en honneur de Lugh et de Tailtiu qui consiste en un concours regroupant différents jeux d'adresse, courses, poésie et écriture etc. Inventez, pourquoi pas, vos propres épreuves et partagez-les avec vos amis ! On retrouve ces traditions dans de nombreux pays. Ainsi, de nos jours, les "Highlands Games" en Ecosse sont toujours célébrés à l'occasion de Lammas, de même que les "Grasmere Sports" en Angleterre, célébrés actuellement le jeudi le plus proche du 20 août : cette compétition comporte diverses épreuves dont une course qui consiste à monter et descendre les collines locales. Les combats sont également une épreuve traditionnelle. Bien plus que le fait de gagner à tout prix, c'était la participation à cette coutume elle-même qui était la plus importante. 

Autour du chaudron
De toute sorte et de toute forme, le pain apparaît comme l'un des éléments essentiels de ce Sabbat. Celui-ci peut accompagner un repas, ou tout simplement être partagé entre amis au cours de la célébration. Différentes recettes et moules sont disponibles, aussi n'hésitez pas à laisser libre cours à votre imagination ! Côté recettes, on trouve le "Lammas-Loaf", le pain traditionnel de Lughnasadh. Ces pains peuvent également constituer un merveilleux présent à offrir à vos proches. Présentez-le dans un petit panier orné de fleurs de saison et accompagné de fruits fraîchement récoltés.
 

Bricolage et décoration
Fabriquez des poupées à l'aide d'épis de maïs et de blé, à l'effigie de vos déités. Nouez plusieurs épis de blé entre eux à l'aide d'un ruban et utilisez-les pour décorer votre demeure et votre autel. N'hésitez pas à créer des formes originales et les symboles qui vous sont chers : pentacles, lunes, étoiles, mini-déesses... Les possibilités sont quasi infinies dès lors que vous laissez parler votre imagination ! Remplissez votre chaudron de grains fraîchement récoltés et ornez la maison de chandelles jaunes, rouges ou oranges, que vous pourrez également fabriquer vous-mêmes. Vous pouvez également préparer à l'avance différents mélanges d'encens destinés à la cérémonie ou à parfumer votre maison. 

Une autre tradition consiste à se maquiller et à peindre son corps et son visage.Il existe pour cela des peintures corporelles à l'eau, inoffensives pour la peau et qui partent très facilement. C'est également une activité privilégiée pour les enfants qui, en général, adorent se déguiser.


Célébration 
Sacrifiez les mauvaises habitudes dans le feu : pour cela, trouvez des symboles représentant ces mauvaises choses de votre vie et jetez-les dans le feu en visualisant leur influence partir en fumée. Ces mauvaises habitudes peuvent également être transférées dans un pain que vous aurez confectionné : au cours de sa préparation, méditez sur tout ce dont vous souhaitez vous débarrasser dans votre vie, et énumérez ces différents points alors que vous pétrissez la pâte. Ce pain sera lui aussi jeté dans le feu en guise de purification. Vous pouvez également jeter dans le feu les poupées de maïs que vous aurez confectionnées, en offrande. Faites du pop corn ou faites griller du maïs et partagez-le avec vos amis au cours de la cérémonie. Bénissez également et consacrez vos outils (athamé, serpe, etc...) afin de garantir une récolte encore plus abondante l'an prochain. 

Fabriquer un petit cheval en épis de blé
Il faut :

  • Une vingtaine d'épis de blé

  • De la ficelle fine ou du fil assez solide

  • Du ruban ou des fils de laine

  • Quelques petits ornements facultatifs (perles en bois, etc)

Attacher les épis de blé en botte, en plaçant 3 liens de ficelle de façon à délimiter 3 parties égales dans la longueur de la botte. Diviser l'extrémité en 3 bouquets de paille égaux. Plier deux des bouquets en angle droit par rapport au reste de la botte et attachez-les de manière à les maintenir en place (n'hésiter pas à serrer). Voilà les pattes arrière et la queue ! Faire de même à l'autre extrémité, mais cette fois plier la 3e partie vers le haut (opposé aux pattes) pour faire l'encolure. Attacher le tout en laissant assez de longueur à l'extrémité pour réaliser la tête. Redresser deux brindilles pour faire les oreilles. Enfin, décorer le tout avec du ruban, des fils de laine ou des petits ornements.

Lughnasad, qui débute l’Automne, est aussi une fête mobile qui devrait dans l’absolu être célébrée à la Pleine Lune se rapprochant le plus du 1er août (dite « lune noisette »). Par commodité, elle est souvent placée le premier jour du mois d’Août et elle correspond donc au signe du Lion
Elle est donc le pendant parfait d’Imbolc, à l’opposé astrologique en Verseau.

Lughnasadh se produit lorsque le Soleil est exalté dans le signe du Lion. L'énergie généreuse et souveraine du Lion exprime parfaitement l'esprit des récoltes.
Lugnasad est placé sous le signe zodiacal du Lion qui représente la culmination végétale, la plénitude du fruit, toute magnificence ou maturité sous le plus éclatant soleil de l’année. Psychologiquement il est le signe de la pleine affirmation de l’individualité, de la volonté et de la conscience du « je ». Le feu fixe du Lion est l’expression d’une force maîtrisée, d’une énergie lumière disciplinée, d’un feu individualisé, consacré aux puissances du Moi, de la volonté dirigée, force centrale régulatrice et irradiante de vie, de chaleur, de lumière et d’éclat. C’est un signe solaire.

Les quatre fêtes intermédiaires, souvent considérées d'un caractère plus ésotérique, ne sont pas seulement des points mais aussi des plages temporelles, dont le début est marqué par l'entrée du Soleil dans le 41° degré suivant les solstices et les équinoxes. Autrement dit, elles occupent le sommet vibratoire de chaque saison : le 2ème décan du 2ème signe dit fixe.

Les Druides affectionnant le nombre 3 et son carré 9, ces quatre mi-temps constituent des neuvaines (principe passé ensuite dans le Christianisme) dont l'ensemble des 3 premiers jours (les Gaulois comptant par nuits disaient : le Trinouxtion) est affecté aux célébrations de :

  - Imbolc à partir du début du 2ème décan du  Verseau, environ le 1er février

      - Beltane       "   "   Taureau            "         mai

      - Lugnasad   "   "   Lion                  "        août

 

      - Samain      "   "   Scorpion           "     novembre

Les Fête des moissons et du blé

Il existait, à travers le monde, une variété infinie de fêtes de la moisson ou de fêtes du blé. 
Bien que le temps de la moisson fût pour le laboureur celui des grandes fatigues et des grandes inquiétudes, c'était aussi une époque de fêtes tant pour les maîtres que pour les ouvriers.
La première gerbe et surtout la dernière étaient fêtées par le son des 
cloches, un repas ou des danses rustiques.
Avec des épis de blé, on faisait des bouquets de moisson qui étaient suspendus dans les maisons afin d’y apporter la prospérité.
Les fêtes de la moisson, les fêtes d'action de grâces et les Rogations étaient l’héritage des temps où l'agriculture constituait le principal moyen de subsistance.
Aujourd'hui, en France, les vieilles coutumes ont quasiment disparues, et il n'existe plus, çà et là, que des fêtes des moissons qui ne sont, le plus souvent, que des expositions de matériels agricoles, et quelques fêtes des battages.

La gerbe de blé symbolise la fécondité de la terre et la fertilité de l'âme ouverte à la lumière.
L'épi de blé, symbole de la croissance et de la fructification, est universellement considéré comme la manifestation de la fécondité physique et spirituelle. L'abondance que représente l'épi est à l'image de ce que promettent les enseignements spirituels de toutes les religions : selon les 
Évangiles notamment, un grain qui meurt peut rapporter au centuple.
Emblème d'Osiris, de Déméter, de Cérès et de la Constellation de la Vierge, l'épi annonce que la mort terrestre s'inscrit dans la continuité des cycles de vie
 .
Une cérémonie des mystères d'Eulésis  met en un parfait relief le symbolisme essentiel du blé.
Au cours de la commémoration de l'union de Déméter avec Zeus, un grain de blé est présenté, comme une hostie dans l'ostensoir, et contemplé en silence. C'est la scène de lipoplastie, ou de la contemplation. A travers ce grain de blé, symbole de vie et de résurrection, les époptes honorent Déméter, la déesse de la fécondité et l'initiatrice aux mystères de la vie.
Indépendamment des mystères, les Grecs ont dès le commencement des fêtes appelées Démétries, comme ils ont un mois appelé Démétrios ; ce mois, le dixième de l'année grecque, est celui des moissons et correspond à peu près à notre mois de juillet.
Les fêtes romaines qui correspondent aux Démétries de la Grèce sont les 
Cerealia (fêtes de Cérès) dont les plus importantes sont célébrées avant la moisson, vers la mi-juillet, par les villageois vêtus de blanc, couronnés de feuilles de chêne, accompagnant leurs chants de danses mimiques. Les anciens regardent Cérès comme la déesse propice aux moissons ; ils la représentent par une belle blonde aux yeux bleus, couronnée d'épis et de pavots, tenant une faucille et ayant pour attributs un boisseau (modius) et un van.

Céréale sacrée, dont le grain meurt pour renaître, le blé a connu de multiples usages.
Chez les Grecs et les Romains, les prêtres répandent du blé ou de la farine sur la tête des victimes avant de les immoler.
Porte-bonheur, le blé est jeté, à Rome, sur la tête des mariés afin qu'ils aient une nombreuse descendance.
L'épi est un emblème d'Osiris, symbole de sa mort et de sa résurrection. Pour les anciens Égyptiens, le blé croît sur le corps d'Osiris.
Dès l'Ancien Empire, lors de la fête de la procession de Min, dieu de la végétation et la fertilité (divinité identifiée à Horus fils d'Osiris), le roi coupe, avec une faucille de cuivre incrustée d'or, une touffe du blé qu'un prêtre lui a apportée.
Cette petite gerbe est déposée devant la divinité, tandis qu'un épi est remis au roi.
La gerbe peut être également présentée à d'autres divinités, comme Harsomtous, dieu enfant du couple Horus-Hathor.
Le blé, comme beaucoup de plantes cultivées, et en particulier l'orge, le haricot et le maïs, apparaissent, dans les différentes civilisations, comme un présent des dieux, lié au don de la vie.
Déméter donne l'orge et envoie Triptolème répandre le blé dans le monde.
Chez les Aztèques, Xochiquetzal, la déesse de la Fertilité et des Fleurs, à laquelle est associé le cacao, apporte le maïs.
L'Ancêtre Forgeron des Dogon dérobe au ciel toutes les plantes cultivées, pour les offrir aux hommes.
Quand les fermiers égyptiens moissonnent leur maïs, ils pleurent car ils craignent que la récolte ne fâche l'esprit vivant dans la plante.

Le dieu-solaire celte Lug, le grand Roi solaire, garant de l'abondance, de la fertilité des troupeaux et de la prospérité, qui assure l’éternité des cycles de mort et de renaissance, préside aux moissons et sa fête se situe le 1er août.
Au Moyen Age, en Grande Bretagne, cette fête, christianisée, devient le 
Lammas Day ; Lammas vient de laof-mass (la messe du pain). En effet, ce jour-là, des miches de pain, fabriquées avec la récolte des premiers grains, sont déposées comme offrandes sur les autels des églises.

Croyances et superstitions
Confectionnées avec des tiges et des épis de blé, des poupées de paille étaient utilisées autrefois comme un talisman de fécondité par les femmes qui désiraient avoir des enfants. 
Récolter le blé au clair de lune était un gage d'amour et de fidélité. 
Dans le nord de la France, on jetait sur une plaque rougie au feu 12 grains de blé symbolisant les 12 mois de l'année. Ceux qui brûlaient annonçaient des mois difficiles, ceux qui résistaient à la chaleur étaient promesse de félicité et richesses durant ces mois bénéfiques. 
Dans le sud de la France, un oracle enfermait dans sa main gauche 8 feuilles de blé en laissant dépasser leurs extrémités. Puis, de la main droite, il tentait de lier ensemble les bouts 2 par 2, dessus et dessous, tout en prononçant les noms des futurs mariés. Si l'oracle parvenait, sans regarder sa main, à nouer les 8 feuilles ensemble, afin qu'aucune ne tombe de sa main gauche rouverte, le mariage serait heureux.
En Italie, la jeune fille qui coupait la première gerbe de la moisson était censée se marier dans l'année...

Lugh

Lug ou Lugh est une divinité majeure de la mythologie celtique. Il apparaît en père de la création, véritable spécialiste de la communication et protecteur des arts. Il est aussi présent sous des formes variées et complexes dans la mythologie celtique des îles britanniques.

Issu du couple indo-européen des Dioscures, les Jumeaux divins, une des plus anciennes figures du panthéon indo-européen Lug Samildanach « aux multiples arts », par son intervention restaure l'ordre et le droit lorsque les autres dieux sont tombés dans l'oppression.

Un dieu panceltique

Étymologie

L'étymologie exacte de Lugus est discutée. La racine proto-celtique du nom, *lug-, pourrait être dérivée de la racine indo-européenne *leug- « noir », *leuǵ- « casser », ou *leugʰ- « prêter un serment ».

Elle est plus vraisemblablement dérivée du proto-indo-européen *leuk- "briller", en dépit des difficultés que pose cette étymologie notamment parce que le proto-indo-européen *-k- ne produit jamais en proto-celtique*-g-. Néanmoins, à la suite de Françoise Bader, selon qui la racine indo-européenne de la « lumière » serait *leu- et non *leuk-, elle est à nouveau considérée comme la plus convaincante par les spécialistes pour qui Lugus signifierait « le lumineux ».

Une autre étymologie de Lugnasad est celle de "noces de Lug". Ces noces rappellent au souvenir de l'union du dieu avec la déesse. Cette union célèbre la fécondation des forces chtoniennes par les forces ouraniennes, de la terre par le ciel. Au niveau symbolique c'est l'union de l'axe horizontal (l'aspect féminin) avec l'axe vertical (l'aspect masculin). Cette union des deux axes nous donnent la parfaite image d'une roue solaire, ce qui plus tard se nommera une croix celtique.

Lug dans la mythologie gauloise

Dans la religion gauloise, Lug a pour emblème symbolique la lance, la harpe, le sanglier et la fronde, mais aussi plus trivialement la tige ou paille, le fil ou la corde, le crin ou le poil, le lien ou l'attache.

L'importance de Lugos*Lugus en Gaule et dans les régions anciennement celtes est attestée par un certain nombre de toponymes dont les plus connus sont Lugdunum (Lyon), Laon en France ou encore Legnicaen Pologne actuelle. On peut aussi citer Lugano en Suisse (canton du Tessin).

Jules César, dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules tente de l'identifier au dieu latin Mercure et le présente comme le plus haut dieu gaulois : « Le dieu qu’ils honorent le plus est Mercure : ses statues sont les plus nombreuses, ils le considèrent comme l’inventeur de tous les arts, il est pour eux le dieu qui indique la route à suivre, qui guide le voyageur, il est celui qui est le plus capable de faire gagner de l’argent et de protéger le commerce. » Les historiens des religions, plutôt qu'une assimilation stricto sensu au Mercure romain, voient dans la description de ce Lugus Mercurius l’équivalent du Lug Samildanach mobilisateur des fonctions souveraines et artisanales.

Le Lugus gaulois est à la fois un dieu lieur par la magie, ainsi qu'un dieu lié avec des chaînes. Selon l'universitaire Patrice Lajoye, son culte dans la Gaule christianisée sera poursuivi par celui de Saint Léonard, représenté tenant des chaînes et qui balise les frontières d'espaces géographiques.

Lug dans la mythologie celtique galloise

Lug est appelé Llew Llaw Gyffes (« à la main adroite ») au Pays de Galles. Il apparaît dans la littérature dans les récits des Mabinogion14Llevelys est un *Lugus aux paroles de miel dont le rôle est de conseiller et d'aider son frère Lludd à remettre en ordre son royaume menacé.

 

Lug dans la mythologie celtique irlandaise

En Irlande, il est mentionné notamment dans le Cath Maighe Tuireadh, la « Bataille de Mag Tured » et dans le Táin Bó Cúailnge, la « Rafle des Vaches de Cooley ».

Les Tuatha Dé Danann

Selon les sources irlandaises, la société divine est structurée de la même manière que la société humaine, et l'organisation des Tuatha Dé Danann, les Gens de la tribu de Dana hiérarchisée en trois classes fonctionnelles. La société divine est articulée autour du roi représentant la société entière, Lug Samildanach ou Nuada, le roi des dieux, avec la fonction sacerdotale représentée par Dagda, le dieu-druide, la fonction guerrière prise par Ogmios, le dieu de la magie guerrière et du savoir, la fonction artisanale étant prise par Goibniu, le forgeron, Credne, le bronzier, Luchta, le charpentier. Participent aux trois fonctions :Diancecht, le médecin, Oengus ou Mac Oc qui incarne la jeunesse et Brigit, la déesse des poètes, des forgerons et des médecins.

Ce schéma correspond à l'idéologie tripartite des Indo-Européens telle qu’elle a été étudiée par Georges Dumézil. Cependant, Lug est par essence rétif au classement et "bénéficie d'une indépendance fonctionnelle héritée". Il est au-dessus car il peut assumer toutes les fonctions (il est le dieu-roi). L'un de ses surnoms est Samildanach, le « polytechnicien » en ce sens qu'il maîtrise tous les arts, toutes les sciences.

 

Genèse et initiation de Lug

Lug est le fils de Cian et Eithne, il est aussi apparenté aux Fomoires par son grand-père maternel Balor, qu'il tue avec son lance-pierre, conformément à une prophétie. Dans le récit de la conception de Lug, on reconnaît la légende héritée du Dioscure survivant, né de l'Aurore qui triomphe de son grand-père Balor, celui-ci s'efforçant d'empêcher le renouvellement du cycle cosmique.

Lug n'est pas admis d'emblée chez les dieux. Il lui faut surmonter une initiation pour être incorporé à la société des dieux.

Alors qu'il se présente à la résidence du roi Nuada, à l'occasion d'une fête, le Portier lui refuse l'accès. Lug affirme qu'il peut être utile, on lui répond par la négative ; c'est ainsi qu'il est successivement charpentier, forgeron, échanson, champion, magicien, harpiste, poète et historien. C'est en qualité de joueur d'échecs qu'il est accepté, et dispute une partie avec le roi qu'il bat. Cette partie est purement symbolique puisqu'il s’agit d’une joute intellectuelle à l'issue de laquelle, Lug prend le pouvoir du monde.

On le retrouve combattant avec son fils Cúchulainn, lors de l'invasion de l'Ulster par la reine Medb.

Multiples fonctions de Lug

Un autre de ses nombreux surnoms est lamfada « au long bras », comme le dieu indien Savitar, l'impulseur aux grands bras « qui assure à chacun sa place » . Cette épithète confirme l'universalité de ses pouvoirs. Il maîtrise la création, les échanges, la pensée et la beauté, c'est un magicien, un guerrier et un artisan qui peut aussi se montrer vindicatif et obscur.

Il possède une lance magique, arme mortelle à chaque coup mais qui sert aussi à l'adoubement royal ; elle est inséparable du Chaudron du Dagda rempli de sang, il faut qu'elle y soit plongée pour éviter qu'elle ne détruise tout autour d'elle ; il se sert aussi d’une fronde redoutable. Pour les arts, il a une harpe qui joue de la musique toute seule, mais dont il sait se servir admirablement : elle peut endormir, faire pleurer ou rire.

Dieu magicien, il protège son camp en gesticulant d'un bras, sautant à cloche-pied et en fermant un œil. Georges Dumézil a tenté de faire un parallèle entre Lug et le dieu borgne scandinave Odin ou son corollaire védique Varuna, mais a finalement renoncé à cette comparaison pour le domaine celtique. La posture de Lug est une mimique rituelle, pas une mutilation. Philippe Jouët voit dans la posture « sur un pied, avec un œil et une main » une rite de l'année où Lug, Dioscure guérisseur, mime la mutilation du cycle qui s'achève.

Dans le Táin Bó Cúailnge, Lug guérit Cúchulainn en accord avec sa fonction de médecin dioscurique.

Comme la Morrigan, il apparaît parfois sous la forme d’un corbeau.

 

Représentation et symbolique du Lug irlandais

Lugh possède/utilise plusieurs objets magiques :

  •  la lance en bois d'If appelé Gea Assail24, ou Ar-éadbair,

  •  le lance-pierre appelé cloich tabaill, ou lía tailm, ou Tathlum;

  •  le chien Failinis

  • l'épée Freagarthach / Fragaragh prêté par Manannan Mac Lir

  • le cheval Aenbharr prêté par Manannan Mac Lir

  • le bateau Scuabtuinne / Sguaba Tuinne prêté par Manannan Mac Lir

  • Il est aussi symbolisé avec une harpe (il est harpiste au banquet à Tara), un sanglier, une main ou un bras démésuré car il est appelé lamfada « au long bras », ou Llaw Gyffes « à la main adroite »

Tailtiu

Bien que cette fête soit appelée Lugnasad, assemblée de Lug, on se réunit aussi en l’honneur de Tailtiu.

Tâltiu, reine des Fir-Bolg et femme du dernier roi des Fir Bolg, Eochaid Mac Erc, est mère nourricière de Lug, un des chefs des Tûatha Dê Danann. Assemblée annuelle de Tâltiu le jour de la fête de Lug ou Lugus. Eochaid avait épousé Tâltiu, fille de Magmôr, en français de la «Grande Plaine,» c’est-à-dire du pays des morts. Plus tard, on a fait de Magmôr un roi d’Espagne, et de Tâltiu une princesse espagnole amenée par Eochaid, d’Espagne en Irlande. Ayant survécu à la « Première Bataille de Mag Tured » qui voit la défaite des Fir Bolg par les Tuatha De Danann, elle devient la femme d’Eochu le Rude, prince des Tuatha De Danann

Dès cette vieille époque, l’Irlande avait les usages qui dominèrent chez elle à l’époque héroïque et à des temps postérieurs. Chacun faisait élever ses enfants dans une famille autre que la sienne. Tâltiu, femme du roi des Fir-Bolg, fut donc la mère nourricière (celle qui lui a donné le sein, qui l’a nourri de son lait blanc et élevé. ) du dieu Lug, l’un des Tûatha Dê Danann, un des chefs de ces dieux bons, de ces dieux de la lumière et de la vie, dont les Fir-Bolg, les Fir-Domnann, les Galiôin et leurs dieux, les Fomôré, étaient les adversaires. 

Elle défriche la forêt de Breg, qui fait place à un champ de trèfle, la plaine de Bregmar, pâturage pour les troupeaux de son peuple d’adoption et plaine cultivable pour faire pousser les céréales. Cet exploit la fait mourir d’épuisement.

Mais avant de mourir, elle fait une prophétie, une promesse : « Aussi longtemps qu’un prince me reconnaîtra, l’Irlande ne sera pas sans perfection de chant. » Autrement dit : « Aussi longtemps qu’on honorera ma mémoire, j’accorderai fertilité à la terre et aux hommes. » Lug n’oublia pas les soins maternels dont Tâltiu avait environné son enfance: quand elle mourut, il prit soin de ses funérailles. Tâltiu avait expiré le 1er août dans la localité qui en irlandais porte son nom, aujourd’hui Teltown, d’abord vaste forêt défrichée par elle et où elle s’était créée une habitation. Cette localité devint le lieu d’une assemblée annuelle d’affaires et de plaisirs célèbre par ses jeux, ses courses de chevaux, importante par le commerce et les mariages dont elle était l’occasion. Elle commençait quinze jours avant le premier août, jour de la mort de Tâltiu; elle finissait quinze jours après. On y montrait le tombeau de Tâltiu, celui de son mari, et au moyen âge on prétendait n’avoir pas perdu le souvenir de l’événement funèbre dont cette réunion annuelle était, disait-on, destinée à perpétuer la mémoire.

Et c’est ainsi en son honneur que Lug institue les jeux de l’assemblée de Tailtiu, et c’est cette commémoration instituée par Lug qu’on appelle Lugnasad.

Ainsi Tailtiu, dont le nom indique à l’origine une déesse chtonienne, meurt en divinité agraire qui assure par son sacrifice la pérennité et le bien être matériel de son peuple. Les jeux funèbres que Lug institue en son honneur suivent le principe de la commémoration perpétuelle pour que la Déesse puisse tenir sa promesse de richesse matérielle, ils en sont la garantie et la contrepartie.

La non-célébration de la fête était une cause de calamité et c’était au prince régnant de veiller à ce que rien de tel ne se produise. Le prince agissait donc au titre de successeur de Lug comme moteur de la fête, en honorant en Tailtiu la Terre-Mère qui assure la subsistance de la Souveraineté et en manifestant la fonction royale essentielle : le don. C’est une fête d’amitié et de prospérité, d’où impuretés et combats sont bannis.

En résumé les relations de Lug et de Tailtiu s’inscrivent dans le cadre d’une fête divine et perpétuelle, royale et d’obligation, protégeant des calamités, et assurant la paix et l’abondance.

Tailtiu est l’incarnation de la souveraineté et de la fertilité de l’Irlande, et par là plus globalement de la Terre-Mère. Elle est nourricière, de Lug, puis de son peuple, généreuse, donnant tout son être pour son peuple d’adoption, civilisatrice, transformant la forêt, lieu sauvage hostile aux hommes, en plaine accueillante, lieu d’abondance.

sources ; diverses sur le net

 

Propos reccueillis et rassemblés par O.

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