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Le solstice d'etè

06.10 12:16

LE SOLSTICE D'ETE

Samina Alba – Eruina Alba – Alban Heruin – Litha – Alban efin

C'est le jour où la lumière atteint sa plénitude, son rayonnement maximal.. Au solstice d’été, le 21 juin, le soleil atteint le point le plus septentrional le long de l’horizon et est sur le point de faire un long voyage vers le sud jusqu’au solstice d’hiver à la mi-décembre. C’est le jour le plus long de l’année et l’événement est fêté comme une extension de Beltaine dans les mois d’été, en en reprenant certains éléments et notamment le feu. Rappelons que Beltaine est la grande fête sacerdotale annuelle honorant le dieu Bel, débutant la seconde saison celte, l’été, le jour du 1er mai. Dans certaines traditions, c'est le moment où le jour est le plus long que les prophéties peuvent s'accomplir car elles ne sont plus voilées par les ténèbres, mais révélées à l'éternité.

Les rituels de ce moment invoquent la puissance du soleil pour éloigner les ténèbres et apporter la fertilité à la terre.

Le feu est à la fois un purificateur (en sanskrit, pur et feu se disent par le même mot) et un régénérateur (c.f. le chaudron de la résurrection sous lequel était allumé un grand feu pour que les morts renaissent), ainsi que le prolongement igné de la Lumière. Ce pouvoir était illustré par le chaudron, ustensile associé au feu. Le chaudron est, dans la tradition d’Irlande, l’ustensile du Dagda, le Dieu bon.

Dans la mythologie, c’est dans un chaudron magique que sont plongés les guerriers morts au combat pour en ressortir vivants, mais privés de parole. Le mythe est représenté sur le chaudron exhumé dans les environs de Gundestrup. Dans la tradition d’Irlande, le chaudron d’abondance du Dagda contenait une nourriture inépuisable.

En Gaule, Epona, déesse de la fertilité et protectrice des chevaux, était associée au solstice d’été.

Il revêt 3 formes générales :

   - le Feu de la terre qui est le nôtre (Le feu terrestre rappelle au participant que le feu du mental doit être également discipliné, il invite également à l'élévation : tout comme la masse de bois brut accumulée devient brasier ardent, la pensée, de lourde, doit devenir lumière et légèreté.)

    – le Feu de l’atmosphère qui est la foudre (La foudre était la manifestation de la toute-puissance du dieu par son pouvoir créateur et destructeur.)

    - le Feu du Ciel qui est le soleil (c'est lorsque s'éteint doucement le feu terrestre que prend naissance le feu céleste qui illuminera toute la Terre et qui nous incitera à accueillir en nous le feu éternel. Alors pourrons nous répandre nous aussi notre lumière intérieure autour de nous et, lorsque nous auront appris à aimer, nous serons pour les autres à l'image du soleil, il répand sa lumière et sa chaleur sur tous, sans distinction, il n'attend rien en retour et nul ne peut l'éteindre.)

C'est la triple illumination de l' Awen, le principe divin supérieur, manifesté dans les trois rayons du Tribann qui domine cette journée.

A ce moment là de l’année, une importance primordiale est donc accordée au pouvoir magique du Feu. On allumait des feux de joie pour célébrer le soleil au sommet de sa puissance et l’implorer de ne pas se retirer dans l’obscurité hivernale car les feux d’été, feux de jubilation et de purification sont également feux propitiatoires destinés à apaiser l’angoisse humaine devant le déclin solaire. Les feux donnaient aussi rituellement de la force au soleil pour faire mûrir les fruits et les grains, et protégeaient les hommes et le bétail des maladies .

Les cérémonies druidiques du solstice , quant à elles, interviennent au lever du jour et à midi. Le rite de l’aube célèbre l’arrivée du jour le plus long (l’observance de ce rite à Stonehenge est connues de tous).Très schématiquement, on y souhaite la bienvenue au soleil en tant que symbole du bannissement des ténèbres.

En premier lieu, les feux qu’on dresse ne sont pas un simple amas de branchages, de fagots et de bottes de paille mais une œuvre d’architecture en forme de meule autour d’un mât avec des cheminées d’allumage et les guirlandes de feuillage qui le parent le relient au « Mai ». A Beltaine : l’arbre de mai, détenteur de l’énergie vitale, symbole de la fécondité nouvelle, était le centre de la fête autour duquel on organisait des danses. Tout à fait à la cime du feu, la jeunesse plaçait aussi souvent une couronne de roses mais on y ficelait aussi parfois un chat vivant ( !)

Dans les régions vallonnées, on fait rouler du haut en bas d’une colline une roue garnie de paille enflammée pour favoriser le voyage du soleil et l’ inciter à développer sa course. La roue est un signe de perpétuel renouveau et la paille est le symbole du dessèchement et de la mort.

C’est aussi le temps du ramassage des herbes médicinales qui sont au mieux de leur pouvoir à ce moment de l’année. Parmi les plantes de Litha (rite de cueillette : en marchant à reculons avant que le soleil se lève, et de la main gauche) : achillée, angélique, armoise, hysope, lierre terrestre, millepertuis, héliotrope, origan, camomille, sauge, fougère mâle, verveine, gentiane jaune, fleur de sureau, menthe poivrée, bouillon blanc, églantier, chèvrefeuille, scrofulaire, coudrier commun, arnica, grande marguerite, etc. Selon la tradition, ces herbes auront un pouvoir immense, car le solstice est leur période balsamique, le moment où leur puissance se concentre le mieux. Traditionnellement on récolte les herbes magiques qui seront utilisées pour les potions, les philtres et les charmes, car ceux préparés a cette occasion possèdent une force et des pouvoirs

accrus. Un petit bouquet d'herbes composé d'armoise, de sauge, de romarin, de laurier, et de thym est placé sous l'oreiller pour faciliter les rêves prémonitoires. La verveine est tressée en une couronne que l'on fait sécher pour assurer la prospérité à la maison, et le millepertuis est une plante dont le pouvoir se renforce beaucoup en cette saison; on l'appelle aussi chasse-diables et elle sert à protéger et à éloigner les tracas et les présences désagréables.

Lorsque c'est possible, on peut cueillir du gui que l'on fera sécher, et que l'on emploiera ensuite soit au cours des rituels, soit comme talisman. Il est désormais assez difficile de trouver du gui à l'état naturel, mais il fut un temps où les druides partaient en forêt en couper avec une serpe, tout en chantant des invocations et des bénédictions.

Le voile entre les deux mondes est aussi mince qu'à Samhain, ainsi on peut rencontrer les représentants du "Petit Peuple" (elfes et fées), et les esprits des morts peuvent plus facilement traverser la frontière. Les portes entre nos deux mondes sont ouvertes et les esprits peuvent voyager librement entre les deux... (alors faite attention!)

Par ailleurs, beaucoup de superstitions entourent cette journée. En voici quelques-unes : ce dont on rêve en cette nuit se réalisera dans l'année en cours, Il est malchanceux d'entendre un coucou dès le réveil, Cueillir des fleurs au lever du soleil apporte l'amour dans l'année, Voir un papillon blanc butiner sur des fleurs, à son réveil, annonce la prospérité pour l'année.

Cette période est propice à la magie (surtout amour, guérison, protection...), le pouvoir à ce moment est intense, car la nature est à l’apogée de sa puissance. C’est également une occasion pour couper les branches d’arbres utiliser pour façonner les baguettes magiques et les baguettes de sourcier. . C'est également une fête où l'on peut s'adonner à la divination. Et pour ceux qui utilisent des runes, c'est la journée idéale pour les exposer au soleil pour les purifier et les charger d'une énergie propre et positive. Vous pouvez d'ailleurs en faire de même avec l'ensemble de vos cristaux.

Chez les celtes, les druides cueillaient du Gui, car à cette période de l'année, il n'avait pas encore de baie. On détruisait en ce même jour les anciens talismans qui avaient perdu leur efficacité en les jetant dans les feux sacrés. On répandait ensuite les cendres sur la terre, encore une fois un symbole de renaissance et de fertilité.

Traditionnellement en magie c’est le moment pour se débarrasser quelque chose de gênant qui freine votre épanouissement afin de le jeter dans le feu (par exemple un petit papier a jeter dans le feu, avec un défaut écrit dessus, ou une représentation symbolique).

Car le solstice d'été correspondant au zénith du premier cycle (on considère en magie que l'année comprend un cycle dit matériel qui commence à l’équinoxe de printemps et un cycle spirituel qui commence à l'équinoxe d'automne), lors du solstice d'été donc les énergies en activités sont orientés vers des résultats d'ordre matériel.

Et c’est en souvenir des rites de fertilité que les couples sautent au dessus des flammes quand il s’agissait de deviner la hauteur des récoltes à venir et d’assurer la fertilité des jeunes et nouveaux couples.

Dans plusieurs régions de France, on pratique le veille ou le matin de la St Jean, la St Jean des bêtes, destinée à la protection du bétail et des animaux qui doivent être exposés à la fumée des feux (« enfumer » les animaux) comme pour la fête de Beltaine.

La célébration des 4 fêtes solaires existait de toute antiquité parmi les peuples autochtones de l’Europe préhistorique et il est tout à fait vraisemblable qu’elles ont été assimilées par les conquérants celtes qui assirent une société dont les fondements économiques étaient d’essence agraire et pastorale.

Nos ancêtres divisaient l’année calendaire de 2 façons : les 4 saisons, reflets d’une civilisation agraire (aux origines néolithiques) débutées par un équinoxe ou un solstice. Et les 2 moitiés : la saison sombre et la saison claire qui commence à Beltaine pour culminer au solstice d’été (alban heruin : « sommet agraire ») . La saison sombre, quant à elle débute à Samain.

Lug est un dieu auquel on peut penser pour le solstice, même si la fête qui lui est consacrée est Lugnasad , le 1er août. C’est un dieu de lumière, de la lumière spirituelle, qui, comme beaucoup de héros solaire a dû tué le vieux roi, en l’occurrence, son grand père Balog, dont le règne était devenu stérile. Et comme c’est un polytechnicien, il détient aussi le pouvoir de soigner, ce qui le rattache aux herbes médicinales.

Bélénos est un autre dieu solaire qui incarne l’éclat du soleil, sa force vitale et créatrice : il fait donc partie des grandes divinités de la végétation et gère la croissance des végétaux, notamment des plantes médicinales. C’est lui qu’on fête le 1er mai, pour Beltaine. Est-ce donc étonnant de trouver ces deux fêtes dédiées à des aspects différents du soleil encadrer le solstice, point culminant de l’été, dédié, lui, à Taranis, le dieu de cette foudre qui est le feu de l’atmosphère ?

D’un autre côté, on sait que la souveraineté, pilier de la civilisation celtique, doit se conquérir. Et elle obéit aux lois, notamment cycliques où s’expriment les symboles de vie, de mort, de germination, de fécondité, de venue au monde. qui régissent le Cosmos

Le Chêne, qui symbolise la force et la longévité, l’éternité des cycles de vie est associé à Taranis car il attire la foudre. Le mois de chêne s’étend du 10 juin au 7 juillet, autour du solstice, et c’est avec ses branches qu’on allume les feux de la St Jean. Dans l’alphabet druidique, le chêne correspondait à la lettre « Duir » signifiant aussi « porte », ce qui nous ramène à la notion de « portes solsticiales ». Deux chevaliers, celui du Chêne et celui du Houx combattaient chaque 1er mai. Vainqueur, le chevalier du Houx (dont le mois suit celui du

Chêne ) laissait la vie au chevalier du Chêne, c’était le passage où les jours de grande lumière laissaient peu à peu la place aux nuits les plus longues. Et chaque année, à Samonios (ou au solstice d’hiver ?), le chevalier du chêne avait la suprématie sur le chevalier du houx qu’il laissait en vie après un difficile combat.

Le chevalier solaire qui devient le chevalier noir au service de la dame de la Fontaine est un passage solsticial de même nature. La dame de la fontaine garde une source qui est la manifestation permanente de la vie ; elle est dépositaire de la Connaissance sur tous les plans et elle transforme des jeunes gens en Chevalier Noir au service de la Grande Déesse selon un rituel qui s’apparente à celui de la mort du roi de l’ancienne année et de l’avènement de celui de la nouvelle (on se souvient de Lug tuant Balor). On peut noter que cette passation de pouvoir correspond symboliquement à la transformation d’un chevalier solaire (héros) en chevalier lunaire (noir) qui, pour obtenir la régénération et la purification, tant physique que spirituelle, doit tuer le chevalier (noir), gardien de la fontaine sacrée dont émane symboliquement l’énergie céleste venant s’unir à celle de la terre (cette alliance en fait la source d’Eau Vive, symbole de vie et de Connaissance, manifestation de la Grande Déesse) pour devenir à son tour chevalier noir, gardien de la Fontaine, et débuter un nouveau cycle d’apprentissage : car rien ne peut se transformer dans la vie du héros sans que les dualités de chacun des éléments composant sa psyché soient harmonisées et fondues dans une unité parfaite. Ce qui est aussi valable pour chacun d’entre nous.

Une autre piste de réflexion peut être trouvée dans le fait que les Solstice d’été et d’hiver marquent l’axe vertical du monde, les deux extrêmes de la course du soleil. Par analogie, l’axe vertical devient alors « l’arbre du monde » reliant le haut et le bas, porteur de vie, de durée et de sagesse. Et l’on sait aussi que symétriquement, les racines de l’arbre imagent les origines de l’homme, son passé et son devenir. Il suffit alors d’associer ces symbolismes à la « roue du temps » pour relier l’homme au Cosmos.

Le solstice d'été est associé à la période de jeune adulte, de 20 à 30 ans. Le maître mot de cette période est « expression ».

Eté : associé à l'élément Feu, c'est une saison généreuse qui déverse ses fruits pour faire vivre les hommes et leur apprendre à partager. Lorsque la générosité de l'homme est unie à la fécondité de la terre, alors se déverse la corne d'abondance. C'est aussi une saison sociale : l'homme porté par la grande lumière extérieure participe à la vie collective.

Suggestions d'activités :

- Liez un brin de sorbier, un autre de rue, et trois fleurs de millepertuis, et  accrochez-les à la porte.

- Faites un pique-nique, cueillez des baies.

- Laissez du miel et du lait (au pied d’un arbre) pour le petit peuple.

- Fabriquez des amulettes de protection avec des plantes comme la rue et le sorbier. Si vous faites de nouvelles amulettes chaque année, vous pouvez brûler celles de l’année précédente dans le feu de  la St Jean.

- Créez un sachet coussin de rêves (armoise et feuilles de laurier dans un tissu lavande, bleu ou jaune et lié avec un ruban rouge), et placez-le sous votre oreiller.

- Brûlez la vieille couronne de Yule dans le feu de Litha.

- Liez de la verveine, du romarin et de l’hysope avec un ruban blanc et trempez les bouts dans un bol d’eau de source, puis vaporisez cette eau dans la maison pour chasser la négativité, ou utilisez-la pour purifier vos outils.

- Cueillez du millepertuis, de la verveine ou du mille-feuille.

- Faites un bouquet de fenouil avec des rubans rouges et placez-le au-dessus de la porte pour protéger la maison.

- Trempez du thym dans l’huile d’olive, et imbibez-en vos paupières pour voir le petit peuple la nuit.

- Cherchez le petit peuple des fées sous un sureau, mais ne mangez pas leur nourriture ou vous devrez rester chez eux pendant sept ans ! (Ce qui pourrait être amusant mais qui compromettrait sérieusement vos projets en cours !).

- Faites un sachet de protection  avec de la rue dans du coton blanc. Placez-y trois brins de rue, des morceaux de pain de blé complet, une pincée de sel, et deux graines d’anis étoilé (ou badiane). Accrochez-le dans la maison (un dans chaque chambre, par exemple).

 Activités

- Allumer de grands feux de joie

- Passer du millepertuis dans la fumée et le pendre à l'entrée de sa maison

- Se procurer les herbes et les huiles magiques qui serviront aux rituels ou recettes pendant l'année. (Leur pouvoir étant plus fort à ce moment de l'année)

- Faire sécher les herbes au-dessus du feu.

- Dire une prière pour Litha, devant un miroir devant lequel on laissera une bougie blanche se consumer.

- Détruire les anciennes amulettes ou protections qui ont perdu leur efficacité en les jetant dans le feu sacré, puis les refaire.

- Répandre des cendres.

- Partager les fruits, les herbes et les légumes de la saison.

- Laisser sur le pas de la porte du miel et du lait pour les esprits

- La baguette, outil traditionnel du sorcier, sera confectionner à Litha. On choisira ce jour pour couper la branche servant à la fabriquée.

LE ROI CHÊNE ET LE ROI HOUX

C’est dans son livre « Les Mythes celtes, la Déesse Blanche » que Robert Graves fait état d’un Roi Chêne et d’un Roi Houx qui se partageraient les deux parties de l’année. Cette théorie a été maintes fois reprise par divers auteurs et est maintenant largement intégrée dans les pratiques wiccanes et païennes contemporaines. A l’occasion du solstice, on reproduit souvent de façon rituelle la lutte des deux Rois, qui se solde par la victoire du Roi Houx, annonçant le retour prochain des longues nuits et de l’hiver.

Ces deux rois se partagent l'année.

L'un va dominer pendant que les fleurs et le feuillage gagnent en puissance, et l'autre, va s'imposer lorsque tout est en dormance, souterrain.

L'année descendante, du solstice d'été à celui de l'hiver

C'est là que va s'imposer le règne du roi Houx. Il va régner sur les forêts à l'automne et en hiver. Il est piquant, à l'image du froid, mais aussi telle une protection contre toute attaque éventuelle.

Il symbolise la période de dormance, et avec cela la notion que toute mort est nécessaire avant le renouveau.

Cela va correspondre à une période propice au repos, à la prise de recul et au rechargement en énergie. Un retour sur soi en quelque sorte, à une période ou l'on aime son « petit chez soi ».

On lui accorde un côté lunaire.

Voici ce que dit le Roi-Houx :

" Je suis la pointe de la lance,

Je suis le saumon dans le courant,

Je suis la colline du poète,

Je suis le féroce sanglier,

Je suis le mugissement de la mer,

Je suis la vague de l'océan,

Je suis celui qui connais les secrets des dolmens inviolés."

L'année montante, du solstice d'hiver à celui d'été

Le roi Chêne va régner sur nos forêts en printemps et en été. Il est solaire, et pousse au renouvellement de la vie. C'est un arbre de joie et de sagesse. Il pousse à l'action, symbolise la force sous le signe de sa montée de sève, force de vie.

Il va donc permettre la mise en place des nouveaux projets,la naissance et le renouveau.

Voici ce que dit le Roi-Chêne :

" Je suis un cerf dix-cors,

Je suis un fleuve coulant dans une plaine,

Je suis le vent ridant les flots,

Je suis un rayon du Soleil,

Je suis un faucon sur une falaise,

Je suis une fleur dans un champ fleuri,

Je suis celui qui dresse sa tête de feu et de fumée."

Le « combat »

Peut on réellement parler de combat ?

Leurs forces seront mises en présence lors des solstices. L'un va céder sa place à l'autre lorsque ses forces s'épuisent, afin de prendre plutôt le « relais » sur le règne de la forêt.

Ils semblent être opposés, mais ne sont qu'en fait une complémentarité, qui va avec le cycle de la vie et des saisons. Rappelons que chez les celtes, il existe une saison claire et une saison sombre, tout aussi complémentaire, marquant ainsi la roue du temps.

Cette notion de « dualité » peut également nous renvoyer à nous même.

La perception de leur règne se fera sentir lors des fêtes de Samonios pour le roi Houx, et celle de Beltaine pour le roi Chêne.

Notes sur le Chêne : Chez les peuples indo-européens, la sacralité des arbres occupe une place privilégiée au cœur des représentations symboliques. 

D’une manière générale, pour les sociétés agro-pastorales des régions tempérées, l’arbre et la forêt servaient de refuge, offraient l’alimentation pour les hommes et le bétail, ainsi que du bois de chauffage et de construction.

Chez les Celtes anciens, c’est, parmi toutes les essences d’arbres, le chêne qui revêtait semble-t-il une importance particulière : les textes légendaires irlandais du Moyen-âge évoquent encore la tradition selon laquelle l’intronisation royale se faisait toujours auprès d’un arbre sacré, le plus souvent un chêne, dont la longévité et la robustesse étaient gage de réussite.

Probablement très tôt, dès le Néolithique et l’Âge du Bronze, les peuples d’Europe conférèrent une valeur particulière à certains individus particulièrement grands, solides ou âgés (comme pour l’Irminsul saxon, attesté pour l’époque de Charlemagne).

De là, l’arbre devint souvent une image du centre du monde, de l’axe même du monde reliant les trois niveaux inférieur, médian et supérieur (l’arbre cosmique attesté dans plusieurs mythologies, comme l’Yggdrasil scandinave), puisqu’il plonge ses racines profondément dans la Terre, élance ses branches vers le ciel, comme pour le soutenir à une échelle plus petite, l’arbre était souvent associé à la symbolique du centre des territoires ethniques, le mediolanum des Celtes, littéralement « le milieu de la plaine », devenu le nom de nombreuses cités du monde celte (Melun, Meylan, Mâlains, Milan, etc).

Outre celui de Maxime de Tyr, le témoignage le plus explicite qui nous soit parvenu de la très ancienne sacralité du chêne est un célèbre texte de Pline l’Ancien (un érudit romain de la seconde moitié du Ier siècle ap. J.-C.), dans lequel il décrit la religion des Gaulois et s’intéresse en particulier aux pratiques des druides.Voici ce qu’écrit Pline : “ Les druides (c’est ainsi qu’ils appellent leurs mages) n’ont rien de plus sacré que le gui et l’arbre dans lequel il croît […] C’est un fait qu’ils pensent que tout ce qui pousse sur ces chênes est d’origine céleste et que c’est le signe que l’arbre a été choisi par le dieu lui-même.”

Notes sur le Houx : Le Houx symbolise la persistance de la vie végétale (par ses feuilles et par ses fruits présents sur l'arbuste au cœur de l'hiver).

Comme beaucoup de plantes piquantes il protège des maléfices. Son usage à cette fin était déjà pratiqué par les Romains où il était l'arbre des Saturnales. Ces traditions ont perduré en Allemagne, en Suisse et en France où il était d'usage d'en accrocher des rameaux sur les portes des étables et au seuil des maisons la veille de Noël.

Il est difficile de distinguer, dans les textes anciens, ce qui se rapporte au Houx (Ilex aquifolium L.) de ce qui se rapporte à l'Yeuse ou Chêne vert (Quercus ilex L.) Le terme latin Ilex utilisé pour les deux est responsable de ces confusions mais également les végétaux eux-mêmes qui peuvent par bien des points s'assimiler (notamment par la forme et la persistance des feuilles et par les caractéristiques du bois). Ceci explique sans doute cette étrange parenté qui semble perdurer entre le Houx et le Chêne.

Il était d'usage courant, en Belgique et quelques régions de France, que les charretiers placent toujours une pièce en bois de Houx dans leur nouveau chariot pour le préserver des accidents. Ce pouvait être un rayon de roue, un échelon de la ridelle ou une simple goupille d'assemblage.

Extrait du livre « Pagan Christmas : The Plants, Spirits, and Rituals at the Origins of Yuletide. » : « Ilex aquifolium L., Aquifoliaceae (houx)

Autres noms : Agrifolio, alloro spinoso, aquifolio, aquifolius balme, ailes de chauve-souris, buk, Christdorn, épine du Christ, füe, gaispalme, holegen (Grec Ancien), houx, étoile du bois de houx, holm, holst, arbre sacré , hülse, hülsebusch, hülseholz, hulis (ancien haut allemand), hulm, hulst, hulver bush, hurlebusch, igelstechpalme, kolleno (Celte), leidendorn, myrtendorn, palma, palmdorn, palmendistel, padnore, quacke, schradlbaum, schwabedorn, schwarze eiche, spiselhölzli, stächlaub, stechblacka, stechdorn, secheichen, stecholder, stechlaub, stechwiederl, tinne, wachslaub, walddistel, walddistelstrauch.

Avec ses feuilles piquantes, d’un vert brillant, et ses baies rouges, le houx dans la neige ressemble à l’arbre de noël décoré de boules rouges. En Scandinavie, les célébrants installent un houx pour la fête de Jul, croyant qu’ils porteront ainsi chance à la maison. En Angleterre, le houx est une décoration populaire de Noël et il est souvent utilisé sur les cartes de Noël et les papiers cadeaux. Dans les régions germanophones, le houx est vendu durant l’hiver sous forme de plante en pot ou de branches.

Contrairement à d’autres plantes à feuillage persistant qui poussent en Europe Centrale, le houx ne tolère le gel que partiellement. Il pousse principalement dans les zones à climat modéré, en particulier l’Angleterre, qui bénéficie de l’influence du Golf Stream. Là, autrefois, les druides adoraient le houx. Ils coupaient les branches piquantes pour en faire des bâtons de vie. Les baies rouges incarnaient l’énergie féminine, juste comme les baies du gui symbolisaient la semence masculine. Unies dans le rituel accompli durant le solstice d’été, ces deux plantes devinrent « des parentes mythiques » et jouèrent le rôle vital de garantir la vie renouvelée au printemps.

Dans le culte romain de Bacchus, le houx était la contrepartie féminine du lierre masculin, et c’est pourquoi les portes des maisons étaient décorées de couronnes des deux plantes au cours des Saturnales. Le docteur de l’église, Quintus Tertullian, interdit cette pratique comme coutume païenne durant le IIème siècle de notre ère. Les autorités de l’église étaient impuissantes face à la popularité persistante des rituels du houx cependant, et réinterprétèrent finalement la pratique en termes chrétiens : « Selon la légende, chaque palmier qui accueillit le Sauveur Jésus lorsqu’il entra à Jérusalem, reçut des épines comme souvenir de l’épreuve à laquelle le Christ fut soumis ». (Schöpf 1986, 146). Ainsi, les feuilles piquantes du houx devinrent un symbole chrétien de la couronne d’épines et ses baies rouges devinrent le sang du Christ.

Aujourd’hui, l’Ilex est une plante protégée en Allemagne. L’utilisation intensive de ses branches pour l’Avent et le Jour des Rameaux a mis en danger les populations naturelles de houx dans de nombreuses régions du pays. Dans la forêt allemande de Teutobourg, par exemple, l’extinction des arbres ilex autour des Monolithes Sacrés des Externsteine fut empêchée grâce à un traité pour la conservation de la nature au début du XXème siècle. Dans les Îles Britanniques, les forêts de houx préservées (“The Hollies”) sont considérées comme des trésors botaniques par les amoureux des plantes.

Nomen est Omen— Retrouver le Nom de la Plante

La signification du houx comme symbole de vie éternelle et de sage prévoyance se reflète dans son nom anglais, holly, qui est relié au mot holy (ndlt : saint, sacré). Dans le rituel celtique du houx accompli la nuit précédant le solstice d’hiver, les branches de houx étaient récoltées et installées dans la maison comme protection contre la sorcellerie, la foudre, et la mort. De là provient l’expression « holy day » (jour saint, sacré), plus tard transformée en terme profane « holiday » (vacances, jour férié) ! Les Celtes récoltaient les branches portant les baies rouges dans la solitude et l’obscurité, à minuit, au milieu des bois profonds. Pour les couper correctement sur les arbres, un goutte de sang était essentielle, mais du vin rouge était censé convenir tout aussi bien. Les gouttes rouges représentaient « le plus ancien et le plus puissant dieu de la terre [Angleterre] » (Hyslop and Ratcliffe 1989, 17).

Les tribus Germaniques adoraient l’arbre au feuillage persistant et piquant en tant qu’incarnation de la déesse de l’amour, Freia, la Grande Mère (Ströter-Bender, 1994). Son jour sacré était le Vendredi (free day, ndlt : jour libre). Le nom germain Hülse, qui vient de l’ancien haut allemand huls ou hulis, est relié étymologiquement au nom anglais de la plante holly et d’un point de vue mythologique à Frau Holle (également Holde, Holda), qui appartenait à la nuée des esprits de l’armée sauvage et qui est la mère de Thor (Donar). Elle est l’héritière, dans le folklore, de la déesse germanique de l’amour Freia, et ainsi le cercle qui retourne à Freia est complété. (Pour plus d’informations sur Frau Holle, voir l’article “Les Vieilles des Bois.”)

La plante légendaire de Noël est également appelée “hollywood star” et « l’étoile du bois sacré », des noms qui ont trouvé une nouvelle signification dans le Nouveau Monde. Les adeptes des coutumes anglaises de Noël apportèrent du houx et son symbolisme dans le Nord de l’Amérique et le nouvel « Hollywood » : le cœur de l’industrie du film Américain. « Les immigrants Britanniques aux USA créèrent une plantation de houx afin qu’ils n’aient jamais à vivre sans l’esprit de Noël » (Storl 2000b, 294). Le fait que le légendaire Hollywood Américain hérita de cet antique nom n’est pas une simple coïncidence.

Utilisation Magique et Populaire

Comme d’autres plantes à feuillage persistant, les feuilles piquantes et découpées de l’Ilex passaient à la fois pour protéger contre les pouvoirs dangereux et pour les attirer : « Selon les croyances populaires, les sorcières avaient besoin des baies rouges du houx pour créer les orages. Les baies étaient un ingrédient important des « onguents et encens » des sorcières ». (Weustenfeld 1996, 111).

Ils étaient utilisés en magie comme protection contre les cauchemars, les incubes et autres démons, ainsi que pour se protéger de la foudre.

Planté près d’une maison, le houx protégeait contre la magie maléfique. Pythagore écrit que le pouvoir de leurs fleurs change l’eau en glace. Il dit également que lorsqu’un bâton de ce bois est lancé contre une bête sans suffisamment de force, il se rapprochera de lui-même jusqu’à l’animal, à une coudée environ, par sa propre magie, puisqu’un grand pouvoir réside dans cet arbre (Pline l’Ancien XXIV, 116).

Les sources folkloriques parlent également de la symbolique érotique et du pouvoir de fertilité du bâton de vie toujours vert. Un vieux document en latin rapporte « que les robes des femmes étaient soulevées, et que leurs fesses nues étaient battues avec le houx. Des vestiges d’un rituel séculaire qui impliquait de battre les femmes sur leurs parties génitales à l’aide du bâton de vie ». (Aigremont 1987 I, 51).

Comme avec d’autres plantes importantes de l’ethnobotanique de Noël, les coutumes folkloriques liées à l’Ilex désignent la cheminée comme portail d’entrée pour les esprits et autres êtres légendaires, tel que Saint Nicolas. La cheminée était considérée comme étant l’entrée et la sortie pour les fantômes ou les esprits et les ancêtres. De façon à maintenir cette porte propre, et de chasser les mauvais esprits préservés dans la suie et l’obscurité, un balai magique était requis (ndlt : une brosse hérisson, une brosse de ramonage).

Jusqu’à l’heure actuelle, la cheminée est décorée de branches de houx afin que l’Esprit de Noël ou du vieux Saint Nick puisse entrer à minuit et bénir les habitants de la maison. Apporter du houx dans la maison avant la veille de Noël est considéré comme étant de mauvaise augure. (Storl 2000b, 294).

Dans ce contexte de symbolisme multicouche, le houx populaire mérite vraiment sa réputation de joyau de la couronne de la vie persistante. C’est pourquoi, l’Homme Vert porte une couronne de feuilles de houx. Il descend des dieux païens de la végétation avec son corps anthropomorphique et ses masques faits de feuilles qui ornent les portes romaines. La tradition perdure aujourd’hui avec les couronnes de houx que nous suspendons aux portes, aux manteaux de cheminée, et aux murs pendant la période de Noël. »

Ailleurs sur la Terre

Canada

Au Québec, il s'agit de la Fête nationale du Québec. La fête a remplacé la fête religieuse traditionnelle de la Saint-Jean qui soulignait jadis le début de l'été et donnait lieu à des feux de joie sur les berges du Saint-Laurent. Ces feux avaient pour objectif de célébrer l'arrivée de l'été mais aussi de communiquer aux villages environnants les dernières nouvelles de l'hiver. Combien de morts ? Combien de nouveau-nés ? Les signaux de fumée faisaient office d'alphabet et donnaient un premier aperçu de l'état de la vie du Québec rural de l'époque.[réf. nécessaire] Dans les années 1960 et 1970 la Saint-Jean est devenue un des symboles de l'affirmation nationale québécoise, devenant le point de convergence des grands rassemblements politiques, sociaux et culturels. Elle demeure à ce jour un des rendez-vous annuels majeurs de la collectivité québécoise. Elle est officiellement appelée fête nationale depuis 1977.

Les plus importantes célébrations de la Saint-Jean-Baptiste au Canada français hors Québec ont lieu dans le cadre du Festival franco-ontarien, qui se tient chaque année à Ottawa, en Ontario. La Saint-Jean-Baptiste est aussi une célébration importante pour la région du nord de l'Ontario dans diverses petites villes, dont Hearst et Kapuskasing. Bien que la célébration de la Saint-Jean-Baptiste par les Acadiens en tant que fête catholique ne soit pas inconnue, elle est largement surpassée par la Fête nationale de l'Acadie le 15 août, instituée en 1881 lors d'une convention acadienne, alors que cette date était en compétition avec le 24 juin.

En Belgique

À Mons

À Mons, jusqu'en 1823, la Saint-Jean se fêtait par l'allumage d'un feu dans chaque quartier. Ce feu était accompagné d'un coq en cage. Les feux sont montés grâce aux récoltes de bois des enfants. Un concours de chant a aussi lieu à la Saint-Jean. Le premier prix en est un coq vivant.

À la suite d'un incendie survenu dans une autre ville de Belgique, le collège des bourgmestres et échevins de l'époque interdit la fête.

Depuis le 23 juin 1990, une nouvelle fête a repris grâce à un comité formé pour la circonstance, l'association non lucrative Les Feux de saint Jean3. Au départ, des cortèges accompagnés de tambours parcouraient la ville pour annoncer la mise à feu d'un bûcher sur la place Nervienne. De nombreuses animations culturelles se déroulaient toute la soirée sur la place Nervienne ainsi que dans les casemates (anciens dépôts militaires) y attenant.

La formule a évolué depuis 1990 et s'est vue complétée de diverses animations, entre autres pour les enfants. Une cérémonie spectacle se déroule sur la Grand-Place de Mons à laquelle participent 300 figurants et 200 musiciens. Ensuite ce sont plus de 6 000 personnes qui se rendent sur la place Nervienne munis de flambeaux dans un cortège rythmé par 8 formations musicales. Un final musical accompagne le boutage de feu. En 2008, 20 000 personnes ont participé à la manifestation qui se déroulait en une soirée. À partir de 2009 deux jours sont consacrés à cette manifestation

Dans les villages entourant Mons

Les feux de la Saint-Jean autrement appelé "Les Feux Saint-Pierre" dans les petits villages requièrent un minimum de préparation. En effet, des groupes sont formés. Les plus âgés s'occupent d'amener de grandes

souches vers les carrefours où le bois s'accumulent. La nuit, un autre groupe monte la garde afin de s'assurer que personne ne vienne voler. D'autres groupes ramassent des lots qui récompenseront les lauréats des jeux populaires. Tout l'après midi se déroulent les jeux et une fois le soleil couché, les feux sont allumés. Des discours et des chants sont prononcés et enfin vient la distribution des "pagnons de Wasmes", tartes au sucre dorées et croustillantes.

En Espagne

Cette fête est célébrée aussi dans plusieurs endroits (villes et villages) d’Espagne. Elle symbolise le combat entre les forces du Bien et du Mal (Dieu et Satan), avec le triomphe du premier.

Le San Xoán Galicien

Il est célébré la nuit du 23 au 24 juin. Le feu est le protagoniste, puisqu'il est considéré un élément purificatoire.

Les jours précédant la fête, les jeunes apportent du bois pour faire un feu de joie, et l’allumer la nuit. Quand le feu de joie est plus ou moins consommé, les gens sautent par-dessus. Ainsi, et selon la tradition et la croyance populaires, on expulse les impuretés et on éloigne les maléfices.

Un autre rite typique de cette fête est celui des « herbes de la Saint-Jean » ou bouquet de la Saint-Jean. La veille de la Saint-Jean (le soir du 23 juin), on cueille sept herbes différentes, aromatiques ou pas, et des fleurs qui ont des propriétés prétendument magiques : du fenouil, du romarin, des mauves, des fougères mâles, des roses sauvages… On laisse le bouquet dans l’eau pendant la nuit et le lendemain, on le sort et on se lave le visage avec l’eau. On garde le bouquet, le laissant sécher pendu derrière la porte de la maison, pour la protéger des sorcières

La gastronomie typique de la Saint-Jean

À la Saint-Jean, il est habituel de manger des sardines, puisqu’elles sont en saison et c’est une tradition de manger ce poisson. Les sardines sont rôties dans des braises faites avec des caisses, du bois, etc. On mange les sardines avec du pain de maïs, appelé boroa, accompagnées de vin rouge.

En Catalogne, il est de coutume de manger la « Coca de Sant Joan », une espèce de galette sucrée.

En Catalogne

Chaque année, la fin de semaine précédant la Saint-Jean, les villages de Catalogne montent à la croix du Pic du Canigou un petit fagot de sarments.

Le 22 juin, 3 montagnards du cercle des jeunes de Perpignan portent la flamme du Canigou depuis le Castillet de Perpignan et régénèrent la flamme chaque année. Elle est ensuite descendue et distribuée dans chaque village des pays catalans, en Provence et dans des associations catalanes dans le monde.

Le 23 juin vers 22 heures, tous les villages allument un bûcher avec cette flamm5.

Italie

À Turin

La Saint-Jean est la fête patronale de la ville de Turin, marquée par des événements organisés dans la ville : défilé historique, feux d'artifices, etc12.

En Vallée d'Aoste

La tradition des feux de joie est répandue dans la commune walser de Gressoney-Saint-Jean en honneur du saint patron, à la Saint-Jean d'Été13. Ces feux sont appelés localement Sankt Joanns Feuer en allemand.

Cette tradition est également présente à Ayas

En Lettonie

Jāņi (solstice d'été)

Le Jāņi est la fête la plus populaire de Lettonie. Ce jour-là, les villes sont en congés au profit d’un esprit païen partagé de tous, que ce soit le fonctionnaire ou l'employé de banque. Cette fête était à l'origine une célébration de la fertilité que l'on organisait entre l'ensemencement des champs et la moisson dans l’Antiquité.

Pendant le Jāņi, on chante, on danse, on festoie et on s'amuse. Sur chaque table, on doit obligatoirement trouver du fromage avec des graines de carvi, des galettes à la viande et de la bière. On allume de grands feux qui sont entretenus jusqu’à l’aube, feux de joie par dessus desquels on saute. Les couples amoureux délaissent la foule pour aller chercher la « fleur de fougère » (selon la légende elle ne fleurit que la nuit du Jāņi).

A cette occasion, les familles se rassemblent dans leur maison de campagne. On fabrique des bouquets qu’on utilise pour orner des couronnes d'herbes, de fleurs et de feuilles. Les femmes portent traditionnellement des couronnes de fleurs, tandis que les hommes portent des couronnes composées de feuilles et de branches de chêne. Le bétail et les barrières sont ornés de couronnes. Les portes et les pièces des maisons sont décorées de branches de bouleau, de chêne et de sorbier.

Autrefois, cette fête était organisée le jour le plus long de l'année, soit le 21 juin. Cette fête sera décalée à la veille du 24 juin, la Saint Jean, suite à la christianisation de la Lettonie. En 1960, les autorités soviétiques interdiront cette célébration, qualifiée de nationaliste. Beaucoup braveront l'interdit et exprimeront leur identité nationale en perpétuant la tradition.

Jānis est le prénom le plus populaire de Lettonie. On appelle « jāņogas » (« baies de Jānis ») les raisins de Corinthe, car ils mûrissent au milieu de l'été.

  En Scandinavie

C'est pendant la fin de semaine la plus proche du 21 juin (fête de la Saint Jean) que les Suédois célèbrent Midsommar.

La plupart des Suédois s'arrêtent de travailler le jeudi à 13 heures pour pouvoir se consacrer aux préparatifs. En effet les festivités ont lieu la veille de Midsommar, c'est-à-dire le vendredi, avec de nombreux jeux et danses autour d'un grand mât que l'on a habillé de fleurs et de verdure. Puisque c’est (enfin) l’été, les fleurs sont de rigueurs ! Elles ont pointé le bout de leurs pétales et ont envahi la ville en un temps record (vous vous couchez le lundi soir, il n’y a pas de fleur, vous vous réveillez le mardi matin, elles sont partout !) comme dans le conte d’Hans Christian Andersen Les Fleurs de la petite Ida. les fleurs décorent les rues et les maisons, mais également les chemises de ces messieurs et les têtes de ces demoiselles. La couronne traditionnelle du Midsommar se fait à la main et si possible avec les fleurs du jardin.

Un peu plus tard, enfants et adultes se retrouvent pour partager le repas dont le menu traditionnel se compose de diverses variétés de hareng, surtout le matje, accompagnées de pommes de terre nouvelles bouillies à l'aneth et d'une sorte de fromage blanc mélangé à de la ciboulette coupée fin. Le repas se termine par des fraises suédoises servies avec de la glace. La bière et l'eau de vie sont les deux boissons habituelles.

La musique, des rythmes modernes aux airs d'accordéon, invite jeunes et moins jeunes à la danse sous le ciel clair de la plus grande partie de la Suède (et le soleil de minuit dans le nord).

Et pour la petite histoire, une légende raconte que les jeunes filles doivent, cette nuit là, cueillir un certain nombre de fleurs de telles et telles espèces et les déposer sous leur oreiller. Elles rêveront alors de leur future moitié. Et si, par malchance, le prince charmant ne daignait pas se montrer, c’est que les mauvaises fleurs avaient été sélectionnées !

En Alaska, où il fait jour plus de 19h, beaucoup d’événements spéciaux sont organisés, en particulier des carnavals et des actions caritatives. A Anchorage, la capitale de l’Etat, un grand festival de musique (le Summer Solstice Festival) est organisé par l’AWAIC, association d’aide aux femmes battues.

La danse du Soleil chez les Amérindiens du Nord

La cérémonie de la danse « en regardant le soleil » appelée bien souvent, à tort, la danse du soleil est un rituel religieux pratiqué par plusieurs tribus indiennes d'Amérique du Nord. C’est l'un des rites les plus importants et les plus spectaculaires chez les Indiens des plaines.

Elle a lieu une fois par an pendant le solstice d'été, durant la pleine lune, de fin juin ou début juillet. La célébration pouvait durer quatre1 à huit jours. Elle entend représenter symboliquement la continuité qui existe entre la vie et la mort et affirmer que la mort n'était pas une fin mais le début d'un nouveau cycle.

Chaque tribu pratique ses propres rituels et ses propres danses, mais ces cérémonies possèdent de nombreux traits communs, comme la danse, les chants, lesprières, le tambour, les visions, le jeûne et dans certains cas, l'auto-mutilation de la poitrine ou du dos.

Histoire

Les premières observations occidentales de danses du soleil, chez les Lakotas, semblent remonter au début du xviiie siècle. Ces premiers observateurs extérieurs ont été particulièrement impressionnés par les blessures que de nombreux jeunes hommes s'infligeaient à eux-mêmes au cours du rituel. Frederick Schwatka écrivit notamment le texte suivant au sujet d'une danse du soleil des Lakota, ou les Sioux, dont il fut témoin à la fin du xixe siècle :

   « Chacun des jeunes hommes se présentait à un homme-médecine. Celui-ci, prenait la peau de la poitrine du guerrier entre le pouce et l'index pour former un pli qu’il transperçait à l’aide d’un couteau à lame très étroite et tranchante, puis y insérait un os solide, de la taille d'un crayon de charpentier. Ce dernier était attaché à une longue corde fixée, à son autre extrémité, au sommet du mât du soleil situé au centre de l'arène. Le but à atteindre pour l’adepte était de se libérer de cette entrave. Pour cela, il devait faire en sorte que la peau de sa poitrine se déchire sous la traction des broches qui transpercent sa chair, atroce épreuve qui, même pour les plus résolus pouvait nécessiter de longues heures de torture. »

— Frederick Schwatka, The Sun-Dance of the Sioux

En fait, l'objet de cette transfixion est de s’offrir en sacrifice au Grand Esprit et de prier en étant relié à l'arbre de vie, en communication directe avec Wakan Tanka. La chair se déchire au moment où l'homme s’éloigne de l'arbre en se ruant vers l'arrière au moment indiqué par le guide de la danse. Il s'agit-là d'une forme de prière qui se manifeste par un autosacrifice pour la communauté et le peuple.

Bien que seules certaines tribus pratiquent ce rituel au cours de leurs danses, le gouvernement canadien a déclaré illégale la danse du soleil dès 1880, suivi par le gouvernement fédéral des États-Unis en 1904. En fait les autorités américaines se sont servies de l'aspect jugé "barbare" de ce rituel et des pratiques d’auto-mutilation qu’il comportait pour l’interdire et déposséder ainsi les indiens de leurs traditions et de leurs coutumes. Ceux qui la pratiquaient étaient inculpés de ce qui était qualifié de "délit indien". C'est pourquoi les Indiens des Plaines les organisaient en secret dans des sites sacrés comme les roues médecine.

Certains indiens acceptèrent d'interpréter la cérémonie proscrite pour des publics blancs en recherche de sensation, simulant le "percement" des chairs au moyen de harnais. Beaucoup continuèrent à la célébrer en secret afin que le rituel de renouveau qu'elle signifie puisse conserver toute son efficacité et que les cycles naturels puissent se perpétuer. En 1934, l'Indian Reorganization Act a autorisé le "percement" des chairs des danseurs mais il fallut attendre les années 1960 et le développement du militantisme indien pour assister à une véritable renaissance dès 1968. Cette cérémonie sacrée ainsi que la cérémonie de la hutte à sudation est de plus en plus pratiquée chez les Lakotas d'aujourd'hui.

La Danse du Soleil, désormais à nouveau légale, est pratiquée aux États-Unis (depuis la présidence de Jimmy Carter) et au Canada, elle se déroule annuellement sur chaque réserve des plaines et dans quelques zones urbaines.

Les femmes sont autorisées à danser, mais ne sont pas obligées, contrairement aux hommes, de se transpercer la peau dans les danses où cette pratique est requise (certaines tribus ne pratiquent pas ce rituel, comme les Shoshones du Wyoming). Elles peuvent cependant le faire si elles le désirent, mais les femmes se font inciser le haut du bras et une plume d’aigle est fixée dans la plaie, jusqu'à ce que la chair se déchire. Un danseur du soleil doit s'engager à danser quatre années de suite, dans la direction des quatre points cardinaux.

Tribus pratiquant traditionnellement la Danse du Soleil

À l’origine, les tribus nord-américaines qui pratiquaient la Danse du soleil étaient les suivantes :

Arapaho, Arikara, Assiniboine, Cheyenne, Crow, Gros-Ventre, Hidatsa, Lakota, Cree des plaines, Ojibway des plaines,Sarasi, Omaha, Ponca, Ute, Shoshone, Kiowa et Pieds-Noirs.

Le rituel de la Danse du Soleil pouvait varier d'une tribu à l'autre. Pour celles qui tiraient leur subsistance de la chasse au bison, la Danse du Soleil était la cérémonie religieuse la plus importante. Ce rite célébrait la renaissance des participants et de leurs familles ainsi que le renouveau du monde terrestre. Le rituel comprenait des sacrifices et les adeptes s’infligeaient volontairement des souffrances afin de garantir l'harmonie entre les êtres vivants et renouveler leur attachement à leur communauté, à leur culture et leur foi dans les esprits qui gouvernent le monde. Ce rituel est encore pratiqué de nos jours. Autrefois il était également destiné à favoriser le retour des troupeaux de bisons.

La préparation de la cérémonie

Un chaman était chargé d’organiser la cérémonie. Il donnait ses instructions pour la construction de la hutte de la danse. Les hommes les plus importants de la tribu devaient se mettre en quête d'un arbre dont la cime se terminait en forme de fourche. Tannage amérindien

La « capture de l’arbre » est toujours confiée à des vieilles femmes, en général la plus âgée du camp qui conduit une procession de jeunes filles habillées des belles robes de cuir brodées de perles qu'elles portent dans les grandes occasions. Malheur à la fille qui prétend être vierge et se joint à la cérémonie, si sa réputation est publiquement contestée elle sera sévèrement punie. Le rôle des jeunes filles est d’élaguer l'arbre de ses branches aussi haut que possible sans l’abattre. Lorsqu’il aura été dépouillé de ses branches, jusqu’au plus près possible du sommet, les broussailles et les arbres l’entourant jusqu’à une distance considérable sont arrachés, et il sera encore debout pour la deuxième journée de la cérémonie.

Cet arbre servait de mât central. Des guerriers devaient ensuite l'attaquer avec leurs fusils et leurs arcs et une fois qu'il était "mort", il était coupé.

En général le signal de l’attaque est donné par un vieux guerrier, posté sur une colline face à l’est, un genou à terre, la paume de la main au-dessus des sourcils pour protéger ses yeux de l’éblouissement du soleil. Dès que le soleil apparaît à l’horizon il se dresse de toute sa hauteur, et dans un geste lent et plein de dignité lève son bras recouvert d’une couverture au-dessus de sa tête et donne l’alerte d’un cri strident : Le soleil levant avait envoyé l’ordre à ses guerriers sur terre de charger. Le cri de la colline a été repris par un millier d'hommes dans la vallée, il a été entendu par les spectateurs sur les collines alors que la longue ligne de guerriers, se précipitaient vers le mât du soleil.

Il s’agit d’un véritable simulacre d’attaque contre l’arbre qui représente symboliquement un ennemi. Frederick Schwatka décrit une scène impressionnante où une troupe de guerriers à cheval se lance au galop à l’assaut de l’arbre, quitte à piétiner celui qui aura le malheur de tomber de sa monture :

Chaque tir, chaque flèche et chaque lance était dirigé vers le fut de l’arbre, l'écorce et les morceaux de bois volaient de tous côtés, comme les copeaux provenant d’un rabot rotatif. Lorsque les fusils étaient déchargé, et la réserve de flèches et de lances épuisée, les coureurs se rassemblèrent autour du mât en hurlant.

Puis on plaçait dans la fourche un paquet qui contenait des broussailles, de la peau de bison, du tabac. On plaçait également les effigies du bison et de l'homme, de larges bandes d'étoffes dont les couleurs symbolisaient les points cardinaux. Ensuite, l'arbre était transporté sur les lieux de la cérémonie, comme le corps d’un ennemi vaincu.

On sacrifiait alors un bison. Sa tête avec la peau du corps entier était attachée tout en haut du mât. La tête de bison était tournée à l'est, vers le soleil levant et une structure était construite autour de l’arbre par le danseur principal et les hommes de son clan. Le mât représentait le centre du monde ou le Grand esprit (Wakan Tanka) et reliait symboliquement le ciel à la terre. Autour de ce poteau central, à environ vingt cinq mètres, vingt-huit autres sont plantés en cercle, figurant les vingt-huit jours du cycle lunaire et correspondants aux vingt huit côtes du bison. Des perches étaient fixées à leurs cimes puis reliées au mât central. La fourche du mât représentait le nid d'un aigle, un des animaux sacrés des indiens, parce qu'il peut voler très haut et que c'est l'oiseau qui se rapproche le plus du soleil. C'est pour cela qu'il est le lien entre l'Homme et le Ciel, le messager qui porte les prières des hommes jusqu'à Dieu (Wakan Tanka). L'aigle facilite la communication avec les Esprits pendant la Danse du Soleil. Les plumes de l'aigle ont aussi une vertu curative, ainsi le chaman va toucher l'arbre-mât avec une plume d'aigle qu'il va ensuite appliquer sur le corps d'un malade, transférant ainsi l'énergie du mât au malade. Les sifflets en os d'aigle dont on joue durant les danses sont censés évoquer la voix de Wakan Tanka, tandis que les tambours qui les accompagnent sont le "souffle palpitant de l'univers".

L’invocation du bison

L'autre animal sacré des indiens était le bison, il apparaissait souvent au début du rituel. Les indiens Shoshone croyaient que c'était le bison qui avait enseigné à l'homme les rituels de la Danse du soleil. On dédiait des chants et des danses à cet animal parce qu'il symbolisait la vie. Les indiens dépendaient du bison pour manger, s'habiller, fabriquer leurs tipis, armes et divers ustensiles.

Suivant les tribus, le bison participait de différentes façons à la Danse du Soleil. Les Cheyennes avaient décrété que tous les objets sacrés introduits dans la Danse du Soleil devaient être liés au bison. Les Lakotasplaçaient un pénis séché de bison contre le mât-soleil pour décupler la virilité des danseurs. Le crâne de bison était utilisé comme une entité à part entière dans le déroulement de la danse. Les Cheyennesremplissaient les cavités des yeux et du nez d'un crâne de bison avec de l'herbe qui représentait une nourriture abondante pour cet animal, et donc aussi pour les hommes. Les Sioux Dakota croyaient que

les os se régénèrent en un nouveau bison parce que, selon eux, l'âme avait son siège dans les os. Réduire une chose vivante à un état de squelette c'était lui permettre de rentrer à nouveau dans la vie, une forme de renaissance spirituelle. Pendant la Danse du Soleil le bison apparaissait souvent dans les visions des danseurs où ils pouvaient défier le bison en le chargeant mais où l’animal pouvait également les assommer en les bousculant. Si un danseur perdait connaissance trop longtemps, cela signifiait qu'il avait eu peur d'affronter le bison. Chaque participant devait défier le bison, c'est lui qui décidait alors si cette personne valait la peine que ses prières soient écoutées. Si dans ce face à face spirituel, le danseur pouvait voir la foule rassemblée tout autour de lui à travers l'œil du bison, cela signifiait qu’il ne faisait plus qu'un avec le bison.

Participer à la Danse du Soleil c'était aussi résoudre un conflit interne: respecter le bison qui est un animal sage et puissant mais devoir le tuer pour survivre. L'adoration du bison permettait de le traiter avec respect, de lui redonner la vie que le chasseur devait prendre pour se nourrir. Les indiens pensaient aussi que le bison fait don de lui-même pour leur permettre de vivre, il est donc normal de lui donner quelque chose en retour, en signe de gratitude. Le sacrifice par le jeûne, la soif et l'auto-flagellation ou l’auto-mutilation étaient autant de gestes de gratitude envers lui.

Déroulement de la Danse du Soleil

La véritable cérémonie commençait la dernière nuit, une nuit de pleine lune par la Moon dance et se terminait le soir au coucher du soleil.

Chaque participant à la cérémonie reçoit des décorations peintes en fonction des danses qu’il doit accomplir :

   La première danse consistait à regarder fixement le soleil et la deuxième à regarder fixement le bison soleil au sommet du poteau. C’est à partir de la deuxième danse que l’on pratiquait des incisions derrière les omoplates pour y passer des broches de bois auxquelles serait attaché un crâne de bison.

    La troisième consistait à regarder fixement le soleil attaché à un poteau. Pour la troisième danse, les participants recevaient des incisions dans le dos et sur la poitrine pour être attachés au poteau.

    La quatrième danse consistait à regarder fixement le soleil tout en étant suspendu au mât. Pour cette dernière danse, les incisions n’étaient pratiquées que sous les pectoraux.

Le don de son corps était considéré comme le plus grand des sacrifices. Chaque participant se présentait devant l'homme-médecine qui pinçait entre son index et son pouce une partie de la peau de la poitrine des adeptes. Avec un couteau aiguisé, il transperçait cette partie du corps et y glissait une baguette en os ou en bois. Cette "broche" était ensuite reliée à l'aide d'une lanière de cuir au mât sacré. Ces lanières étaient censées représenter les rayons de lumière émanant du Grand Esprit.

L'homme devait ensuite se libérer en tirant sur cette lanière. Souvent, il y avait une demi-douzaine de guerriers qui dansaient autour du mât, courant vers le poteau puis se jetant en arrière avec la rapidité d'un cheval de guerre et la férocité d'un lion dans une tentative désespérée pour arracher les maudites broches

de leur chair blessée. En général, en deux ou trois heures, la victime parvenait à se libérer, mais il existe de nombreux cas où il était nécessaire de doubler et même de tripler ce temps.

Il y avait trois manières d'offrir sa souffrance: fixer le soleil en étant percé, en étant suspendu, ou en tirant des crânes de bisons accrochés aux lanières qui étaient fixées dans le dos. Il était aussi possible aux danseurs d'offrir des morceaux de leur chair à leurs parents ou amis. Cette auto-torture symbolisait une renaissance. La douleur représentant la mort, la libération de cette entrave symbolisait la résurrection, physique et spirituelle de l'homme, des bisons mais aussi de tout l'univers. Quand les danseurs étaient tous libérés, la Danse du Soleil était terminée3. Lorsque la journée est presque terminée, et le dieu solaire presque à l'ouest, les guerriers torturés sortent de l’arène, un par un, et juste à l'extérieur de la porte, couverts d’une peau de bison très joliment décorée, ils s'agenouillent, et les bras croisés sur leur poitrine sanglante, ainsi que la tête inclinée face au soleil couchant, qu’il lèveront seulement quand il aura disparu.

On allongeait alors les danseurs sur des lits de sauge où ils continuaient à jeûner et racontaient leurs visions au chaman. On en faisait de nouvelles chansons, de nouveau pas de danses. On en tirait même des prophéties. Quand la tribu était prête à lever le camp, les objets sacrés étaient empilés au pied du mât. On ne les emportait pas parce qu'ils étaient trop sacrés pour être utilisé à nouveau et qu’ils devaient retourner à la nature.

Beaucoup d'autres variantes ont été signalées, comme celle qui consistait à attacher une selle ou un crâne de bison à l’extrémité de la longue corde attachée à la broche et de courir à travers la prairie et les bois, la victime traînant la selle ou le crâne attaché jusqu'à ce qu'il se libère lui-même. Ou encore soulever l'homme torturé du sol en le tirant avec des cordes jusqu’à évanouissement, ou jusqu'à ce que son poids ait vaincu la résistance de sa peau distendue. C’est cette variante qui était pratiquée par les Mandans sous le nom d’Okipa.

En se libérant de ces broches durant la danse, ces hommes ne faisaient pas seulement preuve de leur bravoure et de leur résistance à la douleur, car comme l'explique un homme médecine :

 " ...c'est comme si nous étions délivrés des liens de la chair".

Les jeunes indiens qui participaient à ce rituel très particulier de la Danse du Soleil y étaient préparés durant toute l’année précédente, sous l'œil très attentif de l'homme-médecine. Au xixe siècle, les blancs furent choqués par les tortures que s'infligeaient les danseurs et en 1881 elle fut donc interdite.

La danse du soleil au Canada

Bien que le gouvernement du Canada, par l'entremise du ministère des Affaires indiennes, ait ouvertement persécuté les adeptes de la danse du soleil et tenté d’éradiquer cette pratique, la cérémonie n'a jamais été interdite par la loi. Le sacrifice de la chair et des échanges de cadeaux ont été interdits par la loi en 1895 par le biais d'un amendement à l’Indian Act, mais ils ne s’agissait pas d’éléments essentiels de la cérémonie. Indépendamment de la loi, les agents des affaires Indiennes, sur la base de directives de leurs supérieurs, sont systématiquement intervenus, pour décourager et empêcher la danse du soleil dans la plupart des réserves des plaines à partir de 1882 et jusqu'en 1940. En dépit de l’interdiction, les adeptes de la danse du soleil, tels que les Cree des Plaines, les Saulteaux, et les Pieds-Noirs, ont continué de pratiquer la danse du soleil pendant toute cette période de persécutions, à l’exception des rituels prohibés, certains dans la clandestinité, et d'autres avec l’autorisation des autorités. Au moins une danse de la pluie a eu lieu chaque année chez les Crees ou les Saulteaux depuis 1880 dans les plaines canadiennes. En 1951, le gouvernement a modifié l’Indian Act et a abrogé le projet de loi qui interdisait le sacrifice de la chair et les échanges de sang à sang.

Au Canada, la danse du soleil est connue par les Cree des plaines sous le nom de danse de la soif, par les Saulteaux (Ojibwa des plaines), sous le nom de danse de la pluie et par les Pieds-Noirs (Siksika, Kainai et Piikani) sous le nom de danse médecine. Elle a également été pratiquée par les Dakota et les Nakotacanadiens, les Dénés, et les Assiniboines canadiens.

Propos recueillis et rassemblés par O.

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